Électricien vérifiant les chiffres d'un devis sur son téléphone devant un tableau électrique ouvert, entreprise d'électricité

Entreprise d’électricité : dépannage, contrats et vrai coût de l’heure

Le coût réel d’une heure facturée, ce que le dépannage doit afficher avant d’intervenir, le prix du Consuel et les trois contrats d’entretien qui reposent sur une vraie obligation.

Une entreprise d’électricité peut avoir le téléphone qui sonne tous les jours et finir l’année à sec. Le dépannage remplit l’agenda, pas forcément le compte. Elle devient rentable quand trois choses sont réglées. L’heure vendue couvre réellement les charges. Le dépannage s’affiche et se chiffre avant d’intervenir. Une part du travail devient récurrente, adossée à des obligations réelles chez les clients : maintenance après les vérifications des locaux de travail, entretien des petits établissements recevant du public, bornes de recharge pour qui détient la qualification.

Le vrai coût d’une heure facturée

Prenons un exemple hypothétique, à refaire avec vos propres chiffres. Un électricien en micro-entreprise veut garder 30 000 € par an avant impôt. Il supporte 18 000 € de frais fixes (véhicule, assurances, outillage, logiciel). Les cotisations, elles, ne sont pas un coût fixe. L’URSSAF prélève 21,2 % du chiffre d’affaires pour les prestations de services artisanales, plus 0,3 % de contribution à la formation. Il lui faut donc 48 000 € ÷ 0,785 = 61 146,50 € de chiffre d’affaires. S’il vend 1 100 heures dans l’année, cela fait 55,59 € HT de l’heure.

Ce chiffre d’affaires dépasse la franchise de TVA des services (37 500 € l’année précédente, 41 250 € dans l’année). Cet électricien facture donc la TVA. Son prix augmente pour un particulier, mais il peut récupérer la TVA de ses achats. Le détail des seuils et du calcul est dans notre article sur le tarif horaire de l’électricien auto-entrepreneur.

Le dépannage cache souvent l’écart entre heures travaillées et heures payées. Prenez une intervention facturée 320 €. Au total, elle a demandé onze heures entre déplacements, diagnostic, achat de pièces et retour pour finir. Elle rapporte alors 29,09 € de l’heure, à peine plus de la moitié du tarif calculé plus haut. Le prix affiché est rarement trop bas : c’est le temps autour que vous ne comptez pas.

Le dépannage s’affiche et se chiffre avant d’intervenir

Le dépannage, la réparation et l’entretien en électricité chez un particulier relèvent de l’arrêté du 24 janvier 2017. Avant toute prestation, il impose de communiquer votre taux horaire de main-d’œuvre TTC et les frais de déplacement. Vous devez aussi indiquer si le devis est gratuit ou payant, et afficher ces informations en ligne. Un devis détaillé est obligatoire avant l’intervention, quel que soit le montant. Il mentionne les frais de déplacement et la durée de validité de l’offre. Il n’y a pas de seuil de 150 € : il a disparu en 2017. Facturer la visite de diagnostic, et la déduire si le client accepte la réparation, est une façon simple de rémunérer ce temps. Notre article sur l’électricien qui facture le diagnostic détaille comment le présenter.

Le Consuel fait partie du prix du chantier

Depuis le 1er janvier 2025, une attestation de conformité visée par le Consuel est obligatoire avant la mise sous tension de certaines installations (articles D342-19 et suivants du Code de l’énergie). C’est le cas d’une installation neuve et d’une installation de production de moins de 250 kVA qui modifie l’installation intérieure. C’est aussi le cas d’une installation entièrement rénovée dont le distributeur a coupé l’alimentation à la demande du client. Pour une rénovation partielle, elle est facultative. C’est l’installateur qui la remplit et la soumet au visa.

Elle a un coût, à intégrer dans le devis plutôt qu’à découvrir en fin de chantier. Depuis le 1er septembre 2026, une attestation électronique pour un logement coûte 132,86 € TTC à un professionnel et 147,66 € à un professionnel débutant. Une visite de retour après non-conformités coûte, elle, 238,44 € TTC (tarifs du Consuel). Une contre-visite non prévue efface à elle seule une bonne partie de la marge d’une petite rénovation.

Les contrats qui reposent sur une obligation réelle

Le revenu récurrent d’une entreprise d’électricité ne s’invente pas : il s’appuie sur ce que vos clients sont tenus de faire. Trois cas sont solides.

  1. Les locaux de travail. L’employeur doit faire vérifier ses installations électriques, en principe chaque année (article R4226-16 du Code du travail). Un organisme accrédité ou une personne qualifiée de l’entreprise réalise la vérification elle-même. Vous, vous vendez l’entretien et la levée des observations du rapport, avant l’échéance suivante.
  2. Les petits établissements recevant du public. Depuis le 1er juillet 2026, des techniciens compétents doivent entretenir et vérifier les installations des ERP de cinquième catégorie au moins tous les trois ans. Une visite planifiée trouve là sa justification.
  3. Les bornes de recharge. Au-delà de 3,7 kW, l’installation et l’entretien d’une borne exigent la qualification IRVE (article D353-2 du Code de l’énergie). Si vous l’avez, l’entretien des bornes que vous posez peut devenir un contrat.

Ce qui n’existe pas, en revanche, c’est une vérification périodique obligatoire dans un logement particulier. Un contrat d’entretien pour un particulier reste une offre commerciale, à présenter comme telle. Notre article sur le contrat d’entretien électrique détaille la construction de ces offres. Payé au forfait, un contrat d’entretien sort du cadre de l’arrêté de 2017 sur le dépannage.

Norme et assurance : ce que le client peut vérifier

La série NF C 15-100 publiée en août 2024 est la référence professionnelle pour les installations neuves et les modifications depuis septembre 2025. L’AFNOR le rappelle pourtant : l’arrêté de 2016 sur les logements cite encore la version de 2002 et ses amendements pour la présomption de conformité. Sur un devis, précisez la version suivie : c’est un argument de sérieux, pas une formalité.

Certains travaux relèvent de la garantie décennale : les ouvrages au sens de l’article 1792 du Code civil, pas chaque petite intervention. Pour ceux-là, l’attestation d’assurance accompagne chaque devis et chaque facture (article L243-2 du Code des assurances). Notre guide de l’assurance décennale précise qui doit la souscrire. Le cadre commun à tous les métiers du bâtiment — prix de l’heure, récurrent, organisation, mise en règle — est dans notre guide de l’entreprise artisanale rentable.

Onze heures pour une facture de 320 €

Les artisans organisés ne perdent pas de clients sur un rappel oublié.

Quand chaque intervention, chaque contre-visite et chaque visite d’entretien est dans le même agenda, le temps autour du chantier se voit et se facture — SendWork planifie les interventions et garde l’historique de chaque client sur le téléphone.

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