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Pick-up, fourgonnette, camion cube, remorque : lesquels doivent avoir des pneus d'hiver du 1er décembre au 15 mars au Québec, et lesquels peuvent porter des crampons.
Ta camionnette de service doit-elle avoir des pneus d’hiver le 1er décembre ? Oui : les pneus d’hiver sont obligatoires sur ses quatre roues, jusqu’au 15 mars. Ton camion cube de cinq tonnes et ta remorque, eux, échappent à la règle. La ligne ne passe pas entre véhicule de compagnie et véhicule personnel. Elle passe par le poids inscrit sur la portière. Sous 4 500 kg de poids nominal brut, un véhicule motorisé immatriculé au Québec doit avoir ses pneus d’hiver. À partir de 4 500 kg, c’est un véhicule lourd, et l’obligation ne s’applique pas. Voici comment faire le tour de ta cour avant que les garages soient pleins.
L’obligation vient de l’article 440.1 du Code de la sécurité routière. Du 1er décembre au 15 mars, le propriétaire d’un véhicule routier motorisé immatriculé au Québec ne peut pas le mettre sur la route sans pneus d’hiver. Le texte parle de pneus « conçus spécifiquement pour la conduite hivernale ». Il exclut les véhicules lourds, les véhicules-outils et la machinerie agricole. C’est une obligation légale, pas une recommandation.
Le détail se trouve dans le Règlement sur l’utilisation de pneus conçus spécifiquement pour la conduite hivernale. Le ministère des Transports et de la Mobilité durable en publie le résumé sur Québec.ca. La page date du 5 octobre 2026. La SAAQ délivre les certificats d’exemption, et les agents de la paix vérifient sur la route.
Pour une entreprise, le mot qui compte dans l’article 440.1, c’est « propriétaire ». Québec.ca parle d’une amende de 200 $ à 300 $ pour les conducteurs, plus les frais. Le Code, lui, vise le propriétaire qui met le véhicule sur la route. Il permet aussi de poursuivre le propriétaire inscrit (article 592). Pour un camion de compagnie, l’obligation est donc celle de ton entreprise, peu importe qui conduit ce matin-là.
Au sens du Code, un véhicule lourd a un poids nominal brut, le PNBV, de 4 500 kg ou plus. La définition est à l’article 2 de la Loi concernant les propriétaires, les exploitants et les conducteurs de véhicules lourds. Le PNBV ne correspond ni au poids à vide ni au poids chargé du jour. C’est la masse maximale fixée par le fabricant. Tu la trouves sur l’étiquette de conformité, d’habitude dans le cadre de la portière du conducteur.
C’est là que le modèle peut tromper. Un pick-up trois quarts de tonne ou une tonne peut atteindre 4 500 kg selon sa version. Une fourgonnette renforcée aussi. Un demi-tonne reste en général en dessous. Ne te fie pas au nom du modèle : lis l’étiquette de chaque véhicule et note le chiffre.
Un véhicule lourd n’a pas d’obligation de pneus d’hiver selon l’article 440.1. C’est une exemption légale, pas un conseil de sécurité. Ton camion cube roule quand même sur la même glace que tout le monde.
Prends la liste de tes véhicules et l’étiquette de chacun. Commence par ceux qui roulent tous les jours.
Les crampons relèvent d’une autre règle. L’article 441 du Code interdit les antidérapants qui abîment la chaussée, sauf ceux qu’autorise le Règlement sur l’utilisation d’antidérapants sur les pneus de certains véhicules routiers. Ce règlement les permet du 15 octobre au 1er mai sur trois types de véhicules. Ce sont les véhicules de promenade, les taxis et les véhicules de commerce dont la masse totale en charge ne dépasse pas 3 000 kg.
Pour un véhicule de commerce, ces 3 000 kg ne sont pas le PNBV. Selon la définition du Code, la masse totale en charge comprend le véhicule, son équipement et son chargement. Une fourgonnette pleine d’outils et de matériel peut donc dépasser la limite les jours de gros chargement. Le règlement exige aussi des crampons aux deux bouts d’un essieu, et sur l’essieu arrière si tu en mets à l’avant.
Hors de ces cas, l’amende va de 60 $ à 100 $ (article 507). Sur un véhicule lourd, le conducteur risque de 150 $ à 450 $. Le propriétaire ou l’exploitant risque de 300 $ à 900 $ (article 519.33). Ton pick-up lourd porte une immatriculation de véhicule de promenade ? Ne tiens pas les crampons pour acquis : pose la question à la SAAQ avant de les faire installer.

Québec.ca fixe à 1,6 mm la profondeur minimale des rainures et recommande au moins 4,8 mm pour l’hiver. Mesure chaque pneu au moment de la pose, avec une jauge, et note le résultat dans le dossier du véhicule. Un pneu à 5 mm en décembre peut descendre sous les 4,8 mm conseillés avant mars. Prévois son remplacement maintenant, pas en pleine tempête.
Ces pneus entrent dans tes frais de véhicule. Notre article sur les déductions fiscales de l’entrepreneur en construction explique ce que tu peux déduire et quelles pièces garder.
Tu achètes une camionnette usagée d’un particulier le 10 décembre ? Tu remets en route un camion remisé ? La SAAQ peut délivrer au propriétaire un certificat d’exemption valide sept jours, le temps de faire poser les pneus. Il se demande dans SAAQclic ou dans un centre de services de la SAAQ. Le règlement limite à quatre le nombre de certificats par véhicule pour une même saison.
Un véhicule acheté chez un concessionnaire a déjà sept jours de grâce, sans certificat. Il faut seulement le contrat de vente, ou une copie, dans le véhicule. Dans tous ces cas, c’est le conducteur qui doit montrer le papier à l’agent de la paix qui le demande. Remets le certificat ou le contrat à l’employé qui part avec le véhicule, pas seulement au bureau.
Les pneus ne sont qu’un des dossiers que l’hiver ajoute à ta gestion. Notre guide pour devenir entrepreneur au Québec range les autres, organisme par organisme.
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