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Le compte bancaire professionnel artisan est l’un des sujets les plus mal compris par les micro-entrepreneurs en France. Un électricien à Toulouse se fait refuser un prêt matériel parce que ses flux professionnels et personnels passent par le même compte courant. La banque ne peut pas distinguer son chiffre d’affaires de ses revenus personnels — et le dossier est classé « incomplet ».
En effet, beaucoup d’artisans confondent « compte dédié » et « compte professionnel ». La loi PACTE de 2019 a clarifié la règle : un micro-entrepreneur doit ouvrir un compte bancaire dédié à son activité uniquement si son chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. Toutefois, un compte dédié n’est pas forcément un compte « professionnel » payant — c’est la distinction que les banques ne mettent pas toujours en avant.
| Situation | Obligation | Ce qui suffit |
|---|---|---|
| CA < 10 000 €/an | Aucune obligation de séparation | Compte personnel courant |
| CA > 10 000 € deux ans de suite | Compte dédié obligatoire | Un 2e compte courant gratuit (pas forcément « pro ») |
| Société (EURL, SARL, SAS) | Compte professionnel obligatoire | Compte « pro » bancaire avec RIB au nom de la société |
Concrètement, pour un artisan en micro-entreprise qui fait plus de 10 000 € par an, un simple compte courant séparé dans une banque en ligne suffit légalement. Pas besoin du forfait « professionnel » à 20 ou 30 € par mois que proposent la plupart des banques traditionnelles.
La question légale mise à part, la séparation des comptes est le premier geste de bonne gestion. D’abord, elle simplifie la tenue de livres — chaque mouvement sur le compte dédié est professionnel par définition. Ensuite, en cas de contrôle URSSAF ou fiscal, l’agent n’a pas à éplucher vos dépenses personnelles pour retrouver vos revenus d’activité.
De plus, la séparation protège votre trésorerie personnelle. Quand les cotisations URSSAF tombent, comme on l’expliquait dans l’article sur les obligations de micro-entrepreneur, avoir un compte dédié avec les provisions mises de côté évite la mauvaise surprise sur le compte familial.
Un compte « professionnel » bancaire coûte entre 15 et 40 € par mois selon l’établissement. Il inclut généralement un terminal de paiement, une carte business et un chéquier au nom de l’entreprise. Par ailleurs, un compte courant dédié dans une banque en ligne coûte zéro — c’est un deuxième compte personnel utilisé exclusivement pour l’activité.
Pour un artisan en micro-entreprise sans employés, le compte dédié gratuit suffit dans 90 % des cas. Le compte pro devient pertinent quand vous passez en société, quand vous avez besoin d’un découvert commercial, ou quand vous traitez avec des donneurs d’ordre qui exigent un RIB professionnel.
Concrètement, ils ouvrent un compte dédié dès le premier jour d’activité, même avant d’atteindre le seuil de 10 000 €. Ensuite, ils y versent 100 % de leurs encaissements professionnels et paient toutes leurs charges depuis ce compte. De plus, ils provisionnent 25 % de chaque encaissement pour l’impôt et les cotisations. Enfin, ils conservent les relevés bancaires six ans — c’est la durée de conservation exigée par l’administration fiscale.
Pour les règles détaillées et les textes de référence, consultez economie.gouv.fr.
En résumé, le compte bancaire professionnel artisan n’est pas obligatoire en micro-entreprise — un compte dédié suffit au-delà de 10 000 € de CA. Séparez vos flux dès le début, provisionnez les charges, et évitez de payer un forfait pro inutile tant que vous restez en micro.
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