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Du 20 décembre 2026 au 2 janvier 2027, les chantiers du Québec doivent fermer. Ce qui reste permis dépend de ton secteur et du type de travaux, et les principales exceptions passent par l'accord de tes salariés.
Du 20 décembre 2026 à 0 h 01 au 2 janvier 2027 à 24 h, les chantiers de construction du Québec doivent être fermés. C’est la règle des vacances de la construction d’hiver : un congé obligatoire, pas une simple tradition. Il vient des quatre conventions collectives 2025-2029 de l’industrie de la construction, une par secteur. Dans chaque secteur, l’association patronale les négocie avec la partie syndicale. Ces conditions de travail s’appliquent ensuite à tous les employeurs et salariés de l’industrie, en vertu de la Loi R-20, la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction. La Commission de la construction du Québec (CCQ), qui applique cette loi, veille au respect des conventions. La règle a des exceptions, mais elles sont précises. Elles dépendent de ton secteur et du type de travaux. Les principales demandent aussi l’accord de tes salariés, et parfois un avis envoyé à temps.
Si tu emploies des salariés de la construction et que tu planifies tes chantiers de décembre, tout se joue sur trois points : ce qui reste permis dans ton secteur, à quelles conditions, et comment ces heures sont payées. Si tu travailles seul, comme entrepreneur autonome sans salarié, ton cas n’est pas traité ici.
Les conventions collectives 2025-2029 fixent déjà les trois prochains hivers. Chaque fois, les chantiers ferment deux semaines complètes, pendant la période de Noël et du jour de l’An :
Ces dates valent pour les quatre secteurs : résidentiel, institutionnel et commercial, industriel, génie civil et voirie. La CCQ les publie sur sa page des congés et vacances.
Le principe est le même dans chaque convention. Pendant les vacances de la construction, aucune personne assujettie à la convention ne peut exécuter ou faire exécuter des travaux, sauf dans les cas qu’elle prévoit. Les mots « faire exécuter » visent donc aussi l’employeur qui confie le travail. Si un client te demande de « juste finir » entre Noël et le jour de l’An, la question n’est pas seulement de savoir si ton équipe veut travailler : c’est toi, comme employeur, que la règle vise.
La CCQ résume la conséquence : pendant cette période, les chantiers sont obligatoirement fermés. Tout travail exécuté doit être rémunéré au taux de salaire applicable, selon la convention collective du secteur.
Les aide-mémoires de la CCQ, mis à jour le 29 janvier 2026, listent les travaux permis dans chaque secteur. Le tableau les résume, avec les articles des conventions.
| Travaux | Résidentiel | Institutionnel, commercial et industriel | Génie civil et voirie |
|---|---|---|---|
| Réparation et entretien | Permis (24.06) | Permis (19.03) | Permis (20.02, 20.03) |
| Rénovation ou modification | Entente par chantier (24.06) | Entente par chantier (19.03) | Entente par chantier (20.02) |
| Urgence | Permis (24.06) | Permis (19.02) | Permis (20.05) |
| Construction neuve | Résidentielle légère seulement, avec l’accord du salarié (24.06) | Aucune exception prévue | Aucune exception prévue |
| Chantier isolé ou nordique | Congés non applicables, indemnité due (3.02 et annexe B) | Permis selon la zone (19.01) | Pas de congé obligatoire (20.01) |
En institutionnel, commercial, industriel et en génie civil, deux cas s’ajoutent. D’abord, le gardien affecté à la surveillance du chantier reste au travail si son employeur le demande expressément. Ensuite, certains métiers ont une période de congé différente, notamment l’installateur de systèmes de sécurité et le frigoriste affecté au service et à l’entretien.
La CCQ donne des exemples concrets : repeindre une surface, réparer un mur, remplacer des tuiles de plancher. En génie civil, elle cite la réparation de nids de poule ou la peinture d’un pont.
La condition tient au salarié : il doit consentir à faire ces travaux. S’il accepte, il reçoit au minimum l’équivalent de 40 heures de travail par semaine, à son taux de salaire. Les limites quotidiennes et hebdomadaires de sa convention s’appliquent toujours. En résidentiel, il peut aussi reporter ses congés à un moment convenu avec toi. Attention toutefois : certains métiers de service sont exclus de ce minimum de 40 heures, selon la convention.

Pour des travaux de rénovation ou de modification, tu peux conclure une entente par chantier avec les salariés concernés. Elle sert à déplacer leurs congés obligatoires. La CCQ doit en être avisée sans délai. En institutionnel, commercial et industriel, le groupe syndical majoritaire doit l’être aussi.
Le salarié prend ensuite deux semaines continues à un autre moment. En résidentiel, c’est entre le 1er décembre et le 31 janvier. Dans les autres secteurs, c’est dans une période de six semaines centrée sur le congé. Le salarié peut aussi choisir une autre période, si l’employeur l’accepte. Avant de signer l’entente, regarde donc ton calendrier de l’hiver : ces deux semaines-là, il faudra les absorber ailleurs dans ta planification.
Hors chantiers éloignés, la construction neuve n’est prévue qu’en résidentiel, et seulement pour la construction résidentielle légère. L’exemple de la CCQ : un nouveau bâtiment réservé uniquement à l’habitation, de quatre étages ou moins. À ta demande, le salarié peut alors déplacer volontairement une ou deux semaines de congé. Il les prend entre le 1er décembre et le 31 janvier.
Ici, la date qui compte est le 1er novembre. Tu dois en effet aviser tes salariés de ton intention de poursuivre les travaux pendant le congé d’hiver au plus tard le 1er novembre précédent. Pour l’hiver 2026-2027, c’est donc le 1er novembre 2026. Chaque salarié a ensuite 48 heures pour accepter, refuser ou se réserver le droit de répondre plus tard. Un salarié embauché après le 1er novembre doit être avisé à l’embauche. Enfin, tu avises la CCQ et les associations représentatives signataires dans les 48 heures ouvrables qui suivent l’entente.
Les aide-mémoires de la CCQ reprennent la définition des conventions. Il s’agit de travaux exécutés lorsqu’il peut y avoir des dommages matériels pour l’employeur ou le donneur d’ouvrage. C’est aussi le cas lorsque la santé ou la sécurité du public est en danger. En revanche, une clause pénale d’un contrat ne compte pas comme un dommage matériel. Un retard qui te coûterait une pénalité ne suffit donc pas.
Dans une vraie urgence, comme des travaux à la suite d’un sinistre, tu peux rappeler un salarié qui y consent. Il est alors payé à son taux de salaire majoré de 100 %. Tu dois aussi en faire rapport à la CCQ.
Tu ne paies pas les vacances de la construction au moment du congé. Chaque mois, tu verses à la CCQ les indemnités de congé prévues aux conventions. Elles représentent 13 % du salaire gagné chaque semaine de travail. Ce taux se répartit ainsi : 6 % pour les congés annuels, 5,5 % pour les jours fériés chômés et 1,5 % pour les congés de maladie. L’indemnité se calcule donc sur le salaire gagné, pas sur la fermeture du chantier. Pour ta trésorerie, c’est un coût qui sort chaque mois, à intégrer dans ton taux de soumission, et non une somme à trouver en décembre.
La CCQ remet ensuite ces sommes aux travailleurs deux fois par année. Le versement de fin juin couvre les montants crédités de juillet à décembre de l’année précédente. Celui de fin novembre couvre ceux de janvier à juin. En 2026, le dépôt direct est fait le 25 novembre. Les chèques partent à la poste à partir de la même date, selon la page des paies de vacances.
Si un employeur n’a pas versé ces montants, ils apparaissent comme « non perçus » sur le relevé semestriel du salarié. La CCQ prend alors les mesures nécessaires pour les recouvrer.
Avant d’accepter un chantier pendant les vacances de la construction, vérifie deux choses.
Le travail doit entrer dans une exception de ton secteur. Les principaux cas prévus sont la réparation et l’entretien, l’urgence au sens strict, la rénovation avec entente, la construction résidentielle légère et les chantiers éloignés. Sinon, le chantier attend le 3 janvier 2027.
Il te faut l’accord de tes salariés, et tes avis doivent être partis à temps. Les principales exceptions reposent sur le consentement du salarié ou sur une entente. Pour la construction résidentielle légère, l’avis doit partir au plus tard le 1er novembre 2026.
Pour les conditions d’accès des travailleurs au chantier, notre article sur le certificat de compétence CCQ fait le point. Notre guide pour devenir entrepreneur au Québec présente, lui, le rôle de chaque organisme, de la RBQ à Revenu Québec.
SUR LE CALENDRIER DES FÊTES
Qui travaille pendant les Fêtes ? Ton équipe le sait avant le 20 décembre.
Les exceptions reposent sur l’accord de tes salariés et sur des avis à date fixe. Avec SendWork, les affectations de décembre sont planifiées chantier par chantier et visibles de toute l’équipe au même endroit.
Voir comment les entrepreneurs au Québec planifient leurs équipes →